lundi 19 mai 2008
CUI …
Le récit qui suit est loin d’être X (ou alors, vous et moi n’avons pas les mêmes définitions !)
C’était Mardi soir dernier, 13 mai. De retour de ma journée de labeur, j’entre dans mon antre. Je salue mon fils qui me décroche une réponse tout en continuant de regarder sa chaîne de dessins animés préférée. Je salue ma femme dont la voix me répond depuis la cuisine. Je l’y rejoins. Et là, que vois-je ? Elle a posé une boite à chaussures sur le plan de travail. Et me précise que, en arrivant de l’école, ils (elle et notre fils, pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi !) ont découvert des oisillons nouveaux-nés tombés du nid construit très certainement sous le toit. Trois d’entre eux, recouverts de quelques plumes, étaient déjà morts. Mais, un quatrième vivait. C’est lui qui est, ce soir-là, dans la boite en carton.
Je m’approche et je vois une toute petite bestiole de 5 à 6 centimètres de long dont le corps ressemble à un poulet déplumé avec un petit bec grand ouvert. Je pense qu’il est né dans la journée. Peut-être s’agit-il d’un moineau ? Il bouge parfois sous le coton qu’elle lui a mis pour le réchauffer. Pafois, il lance un « cui » faible. Immédiatement, je me dis qu’elle a fait entrer la mort dans la maison ... C’est impossible qu’il puisse vivre. Nous ne savons pas comment et avec quoi l’alimenter, nous ne savons pas comment le protéger. Et, ensuite, saurions-nous l’élever ?
Je suis triste pour ce petit animal sans défense. Je suis triste qu’il soit parvenu là, sous mes yeux, dans la cuisine. Je suis triste parce que je pense qu’il souffre. Je suis triste parce que si je le touche, j’ai peur de lui faire mal. Je suis triste que cette boite en carton devienne son cercueuil. A ce moment, me suis-je mis à pleurer (un homme, ça ne pleure pas …) ?
Pendant le dîner, nous entendons quelques rares « cui ». Peut-être a-t-il faim. Que faire ? Comment l’alimenter ? Avec quoi, me dis-je ? Ma femme ne réagit pas et ça m’arrange. Et notre fils nous interroge. Il nous demande « pourquoi les petits oiseaux sont tombés de leur nid ». Nous lui répondons qu’ils sont peut-être tombés à cause d’un coup de vent ou à cause d’une chamaillerie dans le nid avec un autre oiseau. Lorsqu’il nous demande pourquoi « sa maman l’a abandonné », nous lui disons que les animaux ne sont pas comme les humains. Puis, il parle des 3 autres oisillons qui, eux, sont morts. Il semble comprendre ce qu’est la mort. Il en perçoit la tristesse. Et enchaîne en nous demandant si « quand on est très vieux, on meurt ? ». Oui, mais pas seulement. Pfffff !!!! Un débat sur la mort alors qu’il n’a pas encore 5 ans ! Bon, Ok, y a pas d’âge pour apprendre. Mais, quand même …
Dans la soirée, alors que notre fils dort, elle m’interroge. Comment faire pour qu’il vive ? Comment et de quoi l’alimenter ? Et si, demain, tu téléphonais à une association de sauvegarde de la nature ? Ou à un cabinet de vétérinaire ?
Plus tard, ma femme lui donne quelques goûtes d’eau pour l’aider à passer la nuit. Puis, j’ajuste sa couverture cotoneuse improvisée et m’aperçoit que son corps n’est pas inerte. Il vit toujours. Va-t-il être suffisament fort pour passer la nuit ?
Au matin du mercredi (et oui, mercredi dernier, je n’étais point avec vous ...), après que mon fils soit venu me retrouver dans le lit conjugal, comme il en a l’habitude, nous allons ensemble prendre des nouvelles de notre oisillon. Comme la veille, il est allongé sur le dos. Avec le coton, je le caresse délicatement. Il ne bouge pas. J’insiste. Il ne bouge toujours pas. J’insiste de nouveau. Il reste immobile. Je dis à mon fils que le petit oiseau est mort. Il est triste mais, moi, je suis libéré.
Dans la matinée, depuis son bureau, ma femme téléphone, notamment pour prendre des nouvelles de l’oisillon. Je l’informe. Et lui reproche aussitôt d’avoir fait entrer la mort dans la maison. J’aurai préféré ne rien savoir, j’aurai préféré qu’il n’entre pas dans la maison. Ça m’aurait évité d’avoir été, de nous trois, celui qui a ressenti le plus de tristesse !
Le soir, elle me dira qu’un de ses collègues l’a chariée : « Tu vas quand même pas l’enterrer dans le jardin et, à chaque date anniversaire, déposer des fleurs sur sa sépulture ?! ».
Plus tard, dans la matinée de ce mercredi, après avoir vérifié qu’il était bien mort du bout du coton, j’ai recouvert la boite en carton de son couvercle. Je l’ai enveloppée dans une poche en plastique blanche que j’ai ficelée pour la rendre plus hermétique et j’ai déposé le tout au fond de la poubelle extérieure. Mercredi matin, le camion-benne des éboueurs fera office de fourgon mortuaire …
Finalement, je me suis dis que cet oisillon était bien mieux près de nous, à terminer sa courte vie au chaud, protégé et entouré d’un peu de réconfort plutôt qu’à agoniser dans la pelouse à la merci d’un quelconque prédateur qui s’en serait régalé après l’avoir déchiqueté. Ben oui, je l’ai imaginé bouffé de l’intérieur par les fourmis, moi !!
Commentaires
fragile
Aussi fragile qu'une bulle
apprentissage de la vie où la découverte de la mort n'est qu'une étape et je pense que plus on connait la mort jeune, mieux on peut vivre et connaître le prix de la vie.
et dis moi Paxcou :
Que deviennent les bulles lorsqu'elles "éclatent" ?
Souvent on se sent impuissant face à la douleur ou à la mort.
Au moins,il auras eu encore un peu de chaleur avant se mort.
Certain être humain n'en ont pas autant.
Bises
j'ai eu à peu prés la même histoire il y a quelques jours...
j'ai même du procéder à l'incinération du dit oisillon mort, à la demande de mes deux dernières filles...6 et 7 ans...
S'en sont suivi des questions du style, et moi, quand je serai morte, je pourrai être brûlée?
ou encore, si je crois en Jésus, je peux ne pas être enterrée?
Tu sembles avoir été plus traumatisé que ton boutchou...sourires...
C'est notre mort à nous, que les questions de nos enfants nous revoient en pleine tronche...non?
Bien à toi...
Bulle,
Lorsque une Bulle "éclate", elle reste toujours présente quelque part. Où ? Là ...
Bisous éclatants
Oui NoirBustier,
certains êtres humains n'ont pas autant de chance à l'approche de la mort.
Bisous vivants là
Oui Kahina,
J'ai été bien plus touché que lui ("un homme, ça ne pleure pas …", n'est-ce pas (rire)), lui qui s'interroge, questionne, est curieux, veut savoir, lui l'innocent ... Et moi qui est appris de la Vie, qui a vu la Vie, qui a vu la Vie s'arrêter ...
Bisous joyeux, tiens
La vie est importante pour tout être vivant ... pour moi qui aime les animaux d'avoir permis à cet oisillon de mourrir chez toi c'est une bonne chose pour lui ... je m'explique il aura pu mourrir autre part qu'abandonner seul au pied d'un arbre. Bien sur c'est une experience pour ton fils mais n'est on pas tous amener à la vivre tot ou tard?
Ce genre d'annedocte nous donne une piqure de rappelle ... la vie peut etre bien plus courte que l'on pense alors autant en profiter tant que l'on peut.
Kiss
Ashtarte,
Ce qui m'a attristé, c'est de penser/savoir qu'il allait rapidement mourir et que je ne pouvais rien faire pour le maintenir en vie.
Quant à la Vie, oui, Ashtarte, dévorons-là. Le blog (et ces rencontres ...) ne nous y aide-t-il pas ?
Bisous bien vivants
Touchant
Oui, tu es touchant...
Je pensais être une des rares à m'émouvoir avec mon fils sur la mort d'un petit oisillon ramassé un matin et qui n'a pas passé la nuit.
C'est notre propre impuissance et notre finitude qui nous éclate à la figure dans ces cas-là.
Bisous tendres ;-)
Merci Cara pour ta tendresse
Comme je l'ai dis à Ashtarte, ce qui m'a le + attristé, c'est de penser/savoir qu'il allait rapidement mourir et que je ne pouvais rien faire pour le maintenir en vie.
Oui, ce soir-là, j'ai pleuré ! 3 fois, je crois ! Et j'assume. Et je sais/pense que tu (me) comprends.
Bisous doux, belle Cara
Un petit coucou en passant.
Bises
Nous avons dû aborder le douloureux sujet de la mort à plusieurs reprises chez nous. La première fois, nous n'y étions pas du tout préparés car l'aîné n'avait pas encore quatre ans. Trouver les mots à sa portée, les lui dire sans faillir... Je lui avais déjà expliqué que la mort faisait partie du cycle de la vie, que c'était une des tristes lois de la nature, suite à la mort de son hamster mais comment lui parler de celle de l'Homme quand elle nous touche de très près ?
Très loin du X, je trouve ton post très touchant...
Bises douces Pascou
Hello NoirBustier,
Bisous là (ho !)
Cocci,
S'agissant de cet oisillon fragile, mon fils de bientôt 5 ans n'a pas eu le temps, ni l'envie de se familiariser avec sa présence. Il n'a dons pas eu le temps de l'aimer. D'autant que, fatigué par sa journée scolaire, ce soir-là, il a préféré regarder des dessins animés. Et nous a laissé le soin de nous occuper de cet oiseau. Pfff !!
Pour ce qui est l'Homme, nous lui en parlons. Je ne sais pas s'il perçoit bien ce qu'est la mort. Mais, heureusement pour l'instant, il n'est pas concerné/touché par le décès d'un proche.
Bisous doux aussi, Cocci
NB Cocci : Le censeur de ma boite m'interdit de venir chez toi. Pffff !!! Et je n'ai plus, actuellement, de sites de contournement valides pour passer cette censure technique. Ton blog et quelques autres de cette plate-forme me sont fermés peut-être parce que, dans le choix de vos Mots-clés, vous avez inséré des mots "déplaisants" ...
Ho, mon p'tit Pascou..allé, chut..viens vite là...
comment ça, un homme ça pleurt pas..hein...sourire..
bisous içi et là ...
Ouais, Belle Etincelle,
un homme, un vrai, ça ne pleure pas (rire) !
Sinon, comme je le disais à Cocci, le censeur de ma boite m'interdit de venir chez toi. Pffff !!! Et je n'ai plus, actuellement, de sites de contournement valides pour passer cette censure technique. Ton blog et quelques autres de cette plate-forme me sont fermés peut-être parce que, dans le choix de vos Mots-clés, vous avez inséré des mots "déplaisants" ... Ch'uis frustré, quoi !
Bisous ici et là, aux mêmes endroits
Pascou
je n'ai, pour ma part, rien changé de mes "mots-clés"...
La seule différence est que, depuis quelques semaines, mon blog n'apparaît plus dans les moteurs de recherche. Mais sachant que tu as déjà le lien, je ne comprends pas du tout...
Bises douces
PS : depuis quand les hommes n'ont plus le droit de pleurer ?? ;)
Un peu morbide
ton histoire d'oisillon...Et je ne comprends pas trop le fait d'envoyer le corps à la poubelle, moi je l'aurais quand me^me enterré quelque part, je ne sais pas, un simple réflexe quoi...C'était un être vivant quand même, pas une boîte en plastique vide.
Cocci,
la censure de ton blog est apparue il y a 2 mois environ. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je sais que la censure se fait sur "luaireelle", sur "lenonducytte", sur "l'aimooclai" notamment. Et je sais que mon censeur s'auto-protège en scannant régulièrement le contenu de tout ce qu'il peut trouver, d'où mon espèce de paranoïa avec ces mots entre guillemets "trafiqués" !
Quant à pleurer ? Oui, je l'assume.
Bisous doux aussi
Effectivement, Volcane,
nous y avons pensé à l'enterrer, cet oisillon.
Mais, le garder chez nous, même sous terre dans la pelouse, était, pour nous, une manière de rappeler physiquement à notre fils l'existence de cet oiseau. Bien sûr qu'à presque 5 ans, il a de la mémoire et qu'il nous reparlera de cette histoire.
Mais, notre raisonnement était que plus tard nous reparlerons de lamort avec lui, mieux cela sera. Bon, c'était aussi une espèce de lâcheté !
Bisous vivants
bonjour Pascou...
dis donc tu as un petit coeur il me semble, comme moi , je n'aime pas voir une bête crever. C'est d'un triste... j'en ai fait autant avec mes enfants lorsqu'un après midi d'été, le chat allait sauté sur un oisillon. Les enfants criaient, j'ai donc éloigné le chat et tout comme Toi, j'ai voulu que cet oisillon Vive. Mais ô rage et désespoir du matin, pareil il en est Mort. Et bien Moi, je l'i enterré, je n'osais pas le jeter dans les poubelles, c'est Fou !
Non juste que j'ai un très très petit coeur tout sensible.
Bisous Pascou et merci de tes passage je t'y ai mis un mot chez moi.
Un 'tit coeur, moi, Francine ?
Ch'uis sensible face à la soufrance des êtres sans défense, tout simplement.
Sinon, pour ce qui est de l'enterrer, je te répète ce que j'ai dis à Volcane. "le garder chez nous, même sous terre dans la pelouse, était, pour nous, une manière de rappeler physiquement à notre fils l'existence de cet oiseau. Bien sûr qu'à presque 5 ans, il a de la mémoire et qu'il nous reparlera de cette histoire.
Mais, notre raisonnement était que plus tard nous reparlerons de lamort avec lui, mieux cela sera. Bon, c'était aussi une espèce de lâcheté !"
Bisous de fin de journée, chère Francine
PS : je t'ai posé quelques questions ici : http://francinema.canalblog.com/archives/2008/05/21/9261897.html#comments.
j'y ai répondu
Pascou... je voulais dire simplement que j'avais ouvert ce site sur "canalblog" pour rester un peu anonyme en effet, pour y écrire mes émotions du jour, qu'elles soient gaies ou triste, un peu mon journal vois tu.Mais pfff pas facile, j'y parviens petit à petit.
Maintenant sur "lasaxophoniste.blogg.org " j'y mets mes photos perso. Un peu de changement, j'essaie d'effacer mes pleurs sur celui là.
Bonne journée Pascou , j'ai repris ton mail .
Sourire, j'ai vecu cette situation avec deux petites mesanges echouée par terre...mes enfants, moi, bref.
La meme fin aussi.
Francine,
Je te souhaite donc la bienvenue sur Canalblog. Pour y sécher tes larmes de joies et de tristesse, comme tu l'envisages.
Bisous de tendresse et de soutien
Oui, "bref", Elenia
Triste de voir souffrir et mourrir de si petits animaux sans défense.
Bisous doux
La Mort ... et la Fée
Cette semaine en promenant ma bête (comprenez mon chien !!!), un oiseau est tombé d'un arbre, il a fait sa crise cardiaque sous mes yeux et rendu l'âme à mes pieds...
Et en écrivant ses mots, j'ai toujours cette boule dans la poitrine, il était beau, un joli plumage bleuté....
J'ai eu mal, les oiseaux meurent seuls... ça m'a renvoyé à ma propre fin,... même les fées meurent... sûrement moins seules...j'espère ! Même si ma baguette ne peut me donner la vie eternelle, elle peut sans doute maintenir quelques personnes à mes côtés (à moins que ce soit le travail de mon sourire !!!)
enfin bref, tout ça pour dire que ton histoire m'a touchée...
bonne journée
La fée
Fée,
ton histoire me touche aussi ...
Sinon, dois-je comprendre que ta baguette et ton sourire ont la caractéristique commune de faire de bonnes actions ? Parce que tu aurais un beau sourire ?
Bisous affectueux
Soins de premiers urgences
Pascou,
Je découvre ton histoire et comprend ton sentiment d'impuissance.
Une famille entière décimée, surtout lorsque le nid n'est pas à terre, est souvent victime de piraterie... du coucou dans la nature, des moineaux dans les villes, qui manquent d'endroit où loger, et qui de ce fait, délogent !
Tu ne sauras jamais la raison de cette chute, la vie est ainsi faite, pour autant, elle n'est pas si fataliste.
Si tu devais te retrouver confronté une nouvelle fois à cette situation, sache qu'une allumette ou une seringue et de la pâtée d'élevage que tu trouves dans les animaleries te donneront plus de chance de sauver des oisillons dénudés d'un sort funeste.
En cas d'extrême urgence (magasin fermé), un jaune d'œuf (contient toutes les protéines nécessaires) cuit fera l'affaire en attendant l'aliment plus élaboré.
Et cela vaut pour un oisillon comme pour un adulte. Si les oisillons survivent, la difficulté vient plus tard, en fonction de leur espèce, un insectivore et un granivore n'ont pas le même régime.
Bien sur, ce n'est pas un engagement à la légère, un oisillon réclame à manger tous les 3/4 d'heures de l'aube au soir, après il faut s'occuper de leur éducation, leur apprendre à manger seuls comme leur apprendre à voler.
Mais la plus belle récompense est de leur rendre leur liberté même si cela implique de faire l'imbécile dans le cerisier du jardin deux semaines durant parce que les petits ont quitté "le nid", mais pas encore coupé le cordon avec la "maman aliment".
Et puis un jour, ils ne viennent plus et tu sais qu'ils ont gagné leur liberté.
Mes deux loustics n'avaient que deux trois plumes quand je les ai ramassé, les yeux fermés. La dernière fois que je les ai vu, ils avaient leur plumage de chardonnerets : http://roland.ripoll.oiseaux.net/goldfinch.11.html
Désolée d'avoir monopolisé ton espace avec mon témoignage... J'espère qu'il t'aura convaincu qu'on est pas toujours "impuissant" face à la vie
:)
Bises
Merci Effrontée pour tes conseils
et ton témoignage. Tu as su monopoliser mon espace avec utilité. En effet, nous ne savions pas quoi faire. Désormais, nous saurons. Même si le temps nous manquera si pareille situation venait à se présenter de nouveau ("un oisillon réclame à manger tous les 3/4 d'heures de l'aube au soir").
Enfin, je constate que les éclairs au chocolat ne sont pas pour eux (rire) ...
Bisous doux de remerciement
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